Cum Sanctis tuis in æternum
{Vos, purpurati martyres, Vos candidati præmio Confessionis, exsules Vocate nos in patriam.
Raban MaureHymne Placare, Christe
Tibi omnes angeli,tibi cœli et universae potestates :tibi cherubim et seraphim,incessabili voce proclamant :
Sanctus, Sanctus, Sanctus,Dominus Deus Sabaoth.Pleni sunt cœli et terra majestatis gloriæ tuæ.
Te gloriosus Apostolorum chorus,te Prophetarum laudabilis numerus,te Martyrum candidatus laudat exercitus.
Nous avons été créés pour la gloire. Nous avons été voulus et donc aimés pour participer à la gloire de Dieu Créateur, Rédempteur et Sanctificateur. Nous sommes de lignée royale, fils et héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ. Et c’est ici que commence notre héritage, chers frères. Cela commence par l’échelle de la croix que nous voyons représentée dans une image médiévale, dans laquelle le Sauveur grimpe les barres d’une échelle qui mène à la croix. Notre héritage éternel commence avec l’acceptation volontaire de la croix que la Providence nous a destinée, et qui est la seule que nous puissions porter, la seule sur laquelle nous pouvons monter sereinement, sur laquelle nous pouvons ouvrir nos bras en toute confiance. La scala crucis est aussi scala paradisi, parce qu’à la suite du Rédempteur cette voie royale conduit tout droit à la présence de la Majesté divine. Une image évocatrice de saint Jean Climaque nous montre les âmes qui montent au Ciel, avec les Anges qui les accompagnent dans leur ascension et les diables qui tentent de les tirer vers le bas.Les Saints – ceux que nous vénérons sur nos autels, dont nous encensons les reliques, sur les restes desquels nous célébrons le Saint Sacrifice de la Messe et qui intercèdent pour nous dans le Ciel – ne sont pas l’exception dans une norme de médiocrité. Il n’est pas normal de ne pas être saint. Il y a eu des moments où la sainteté ne faisait qu’un avec le fait d’être Chrétien, parce que, dans la fureur de la persécution, des hommes et des femmes, jeunes et vieux, étaient appelés chaque jour à affronter le Martyre. Beaucoup le subirent comme catéchumènes, avant même d’être admis au Baptême. Nous portons leurs noms précisément pour que leur exemple nous pousse à les imiter sur le même chemin de sainteté. Nous professons la même Foi apostolique, nous célébrons les mêmes Mystères et nous continuons à avoir les mêmes ennemis : le monde, la chair, le diable. Un Catholique qui ne veut pas être saint, qui ne désire pas le Paradis, qui n’aspire pas à Dieu – sicut cervus ad fontes aquarum – et qui ne ressent pas cette « nostalgie » du Vrai et du Bien, n’a rien compris de notre sainte Religion, ni du miracle de la Charité infinie qui a poussé la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité à s’incarner et à souffrir pour nous, sans autre motivation que l’amour divin pour nous et la gloire de la Trinité elle-même. Parce qu’être saint est un devoir de chacun de nous, dans l’obéissance au précepte : Soyez saints comme Dieu est saint (Lv 19, 2 ; 1 P 1, 16) ; mais si seulement nous nous laissons conquérir par Notre-Seigneur, la sainteté n’est plus une obligation, mais la réponse nécessaire, spontanée et reconnaissante à l’appel du Roi, sous les bannières Duquel c’est un honneur de militer. Les Saints sont ceux qui ont acclamé et continuent d’acclamer : Regnare Christum volumus ! contre le cri blasphématoire de la foule déchainée. Ce sont ceux qui font régner leur Seigneur tout d’abord dans leur propre âme, en faisant une digne demeure de la Très Sainte Trinité par la vie de Grâce et l’union avec Dieu. Ce sont ceux qui, dans l’humilité, se laissent guider par la main sage du Seigneur, dociles comme une plume entre ses doigts, afin qu’il soit clair que l’œuvre qui en découle est entièrement divine. Quoniam tu solus Sanctus.Cependant, nous, exilés, nous avons une lueur de Paradis sur cette terre. Une lueur de la gloire de la Majesté divine qui anticipe ce qui nous attend et qui rend les Grâces surnaturelles disponibles pour affronter le voyage vers la destination finale. Nous trouvons ce coin de Paradis dans nos églises, dans nos Tabernacles, autour desquels tous les Anges se rassemblent en adoration. Nous le trouvons dans la Sainte Messe, lorsque le prêtre fait descendre du Ciel le Roi des Rois, en répétant le Sacrifice de la Croix sans effusion de sang. Et dans ce Paradis sur la terre, borné par les colonnes et les voûtes d’une église comme par les poutres d’une grange, nous pouvons nous communiquer au Corps et au Sang du Christ, présent en Corps, Sang, Âme et Divinité, tel qu’Il est assis sur le Trône de l’Agneau dans la gloire du Ciel. Te per orbem terrarumsancta confitetur Ecclesia,Patrem immensæ maiestatis ;venerandum tuum verum et unicum Filium ;Sanctum quoque Paraclitum Spiritum.
1 Novembre MMXXV In festo Omnium Sanctorum
©Traduction de F. de Villasmundo}
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